Introduction

BARAM-BAKIE : figure de proue de la résistance anticoloniale banda dans le bassin de la Haute Kotto en Oubangui Chari : 1900 – 1925
 

 

Dr Jean-Bruno NGOUFLO
Enseignant Chercheur
Département d’Anthropologie
Université de Bangui
ngoulari111@live.fr

INTRODUCTION
La dynamique de conquête coloniale des territoires situés au centre de l’Afrique entre la fin du XIXème siècle et début du XXème siècle était à l’origine d’âpres mouvements de résistance des populations autochtones. L’Oubangui-Chari , l’une des colonies françaises fut particulièrement le théâtre de diverses insurrections violentes et sanglantes. Trois de ces mouvements de révoltes retiennent particulièrement notre attention. Il s’agit des mouvements de résistance : du Sultan Senoussi dans le Dar-El-Kouti, de Karnou dans le Nord-ouest et de Baram-Bakié dans le Centre-est.
En effet, dans le territoire du Nord de l’actuelle Centrafrique, le sultan Senoussi sous l’ordre de Rabah fonda en 1890 son royaume à Ndélé, capitale du Dar-El-Kouti (Simiti, 2013). Senoussi fut accroître sa popularité et sa puissance militaire grâce aux nombreuses incursions esclavagistes dans le bassin de la Kotto et ses environs. Le fait marquant sa résistance fut l’assassinat de l’explorateur français Paul Crampel le 8 avril 1891, probablement sur instruction de Rabah. Considérant Rabah et Sénoussi comme des résistants à la politique de pénétration coloniale française, la France décida de les combattre l’un après l’autre. C’est ainsi qu’après avoir tué Rabah en 1900 à la bataille de Kousséri au bord du lac Tchad, la troupe française stationnée à Ndélé lança l’assaut contre la résidence de Senoussi, assaut à l’issue duquel ce dernier et son fils Adoum furent assassinés le 11 Janvier 1911.
Pour lire la suite cliquer ici
———–
D’après Jean-Jöel Brégon (1998 :19), le territoire de l’Oubangui-Chari (actuelle République Centrafricaine) est situé sur une plate-forme séparant les grandes cuvettes du Tchad et du Congo étendu jusqu’au bassin de la Bénoué-Niger au Bar el-Ghazel, autrement du massif du Yadé à l’ouest (1420m) au massif du Fertit à l’est (1400m)